Gloppedalsura – Tananger, rattrapé par l’arthrose !

Une journée mémorable commencée de la meilleure façon par une belle randonnée interrompue par une crise d’arthrose. J’ai du appeler les secours qui sont intervenus efficacement et dans la bonne humeur pour me descendre en civière jusqu’au van.

Distance totale : 78.89 km
Altitude maximale : 621 m
Altitude minimale : 45 m
Dénivelé positif : 1041 m
Dénivelé négatif : -1335 m
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🗺️ Le Topoguide — Randonnée (ascension)

La trace GPS de la randonnée couvre uniquement la portion ascendante, depuis le parking au bord de la route de chantier jusqu’au point où la crise au genou a interrompu la descente. La durée totale inclut les 45 minutes d’attente au sol après l’appel aux secours.

  • Distance : 1,4 km
  • Durée totale : 1h32 (de 10h21 à 11h53, heure locale)
  • Temps de marche effective : 0h46
  • Vitesse moyenne (en marche) : 1,8 km/h (terrain escarpé, nombreux arrêts pour les myrtilles)
  • Dénivelé positif : 122 m
  • Altitude minimale : 490 m — maximale : 617 m

Résumé technique : Courte randonnée aller-retour sur sentier balisé bleu, depuis un parking improvisé à côté d’un chantier routier. Le point culminant à 617 m a été atteint avant le demi-tour. La crise d’arthrose s’est déclenchée lors de la descente, environ un tiers après le demi-tour. Le GPS a été arrêté peu après l’immobilisation — l’attente des secours (plus de 3 heures) n’est donc pas enregistrée dans ce fichier.

🗺️ Le Topoguide — Descente en civière

La trace GPS de la descente en civière couvre les 600 mètres parcourus par les secouristes pour ramener le blessé jusqu’au parking.

  • Distance : 600 m
  • Durée totale : 39 min (de 15h08 à 15h47, heure locale)
  • Temps de progression : 0h34
  • Vitesse moyenne : 1,1 km/h
  • Dénivelé négatif : −60 m
  • Terrain : escarpé, hors sentier sur la moitié du parcours

Résumé technique : Descente en civière portée par sept secouristes volontaires sur un terrain escarpé. L’équipe a choisi de couper droit dans la pente plutôt que de suivre le sentier officiel sur la moitié du parcours. Plusieurs pauses ont été nécessaires pour permettre aux porteurs de se reposer et de changer de positionnement. La civière a départ de l’appel des secours jusqu’à l’arrivée au parking représente environ 3h45 de mobilisation totale pour les équipes (attente, évaluation, renfort, descente).

🗺️ Le Topoguide — Journée globale

La trace GPS globale couvre l’ensemble de la journée depuis Gloppedalsura jusqu’à l’hôtel de Tananger, en incluant la randonnée, l’attente des secours, la recherche de béquilles à Ålgård et Sandnes, et le trajet vers Tananger.

  • Distance totale : 78,8 km
  • Durée totale : 10h39 (de 9h00 à 19h39, heure locale)
  • Temps en déplacement : 3h33
  • Temps à l’arrêt : 7h05 (dont ~3h15 d’attente des secours sur la montagne)
  • Altitude minimale : 47 m (Tananger) — maximale : 617 m (sommet de la randonnée)

Résumé technique : Journée chaotique et mémorable. Le temps à l’arrêt exceptionnel (7 heures sur 10h39) reflète l’attente des secours sur la montagne, le temps consacré à trouver des béquilles dans plusieurs pharmacies, et les arrêts liés aux difficultés de déplacement avec un genou hors service.

✍️ Le Carnet de voyage

Le soleil a fait son apparition ce matin sur le parking de Gloppedalsura où nous avions dormi — et nous étions seuls. L’endroit est réputé comme le plus grand pierrier d’Europe du Nord. Quand les glaciers se sont retirés, ils ont laissé place à un barrage naturel et un grand lac ; les eaux ont fini par faire céder le barrage, dispersant les blocs que l’on voit aujourd’hui. Je pétris le pain que nous pensons laisser lever toute la journée. Parmi ces roches, il y a de l’anorthosite, un matériau plus présent sur la lune que sur Terre. Nous ne savons pas pourquoi, mais il s’en dégage une étrange odeur quand il pleut. Quand Gisèle reprend le volant, elle voit que nous avons fait 4 446 km depuis le départ. Nous quittons Gloppedalsura pour aller faire une petite randonnée que j’ai repérée sur la carte.

À Byrkjedal, nous nous engageons sur une petite route. Un panneau norvégien nous informe que la route est fermée la semaine 31. Je vérifie rapidement sur mon téléphone — il me semble comprendre que nous sommes semaine 28. C’est une erreur : nous sommes bien semaine 31. À mi-chemin, nous tombons en plein chantier. Nous garons notre van à côté d’un autre van et repérons sur OpenStreetMap un sentier qui va vers un lac et un petit sommet. Mais selon le tracé, nous ne pourrons pas revenir à notre point de départ. Après quelques pas, comme il y a beaucoup de myrtilles, Gisèle retourne au van chercher une boîte. Après une partie plate et boueuse, le sentier commence à grimper. Comme les pistes de ski, les sentiers norvégiens ont des couleurs pour indiquer leurs difficultés — celui-ci est bleu, pas très difficile, mais tout de même assez escarpé. Nous remarquons au passage que les maisons norvégiennes ont souvent des toits végétalisés — cela leur donne des allures de maison de hobbits. Un petit oiseau nous précède en chantant : WhoBird l’identifie à son chant comme un pipit farlouse. Sur ce genre de sentier, on a toujours envie d’aller plus loin pour voir ce qu’il y a après le prochain virage — mais mon genou gauche commence à me faire mal et nous nous résignons à faire demi-tour. Nous croisons une chenille de bombyx du chêne.

Nous avons fait un bon tiers de la descente quand la crise me frappe, très brutalement. Tout à coup, mon genou gauche me fait tellement mal que ma jambe ne peut plus porter le poids de mon corps. Je m’assois sur une pierre et après quelques minutes de réflexion, j’appelle les secours. La même chose m’est arrivé au genou droit il y a 3 ans quand nous randonnions en Espagne. Je sais parfaitement ce qui m’arrive : c’est une crise d’arthrose. Je pourrais à nouveau marcher après quelques jours de repos, mais pour le moment, il n’y a rien à faire. Même avec des bâtons de marche, je ne peux pas marcher sans béquille, encore moins sur un terrain aussi escarpé. Nous attendons donc en admirant le paysage.

Des secouristes arrivent et on commence par essayer d’évaluer la situation. J’essaie de descendre avec eux, mais c’est impossible. Plutôt que d’appeler l’hélicoptère, nous décidons d’essayer une descente en brancard — et ce sont sept secouristes qui arrivent en renfort. Il n’y a que 600 m à parcourir et 60 m de dénivelé négatif, mais le terrain est escarpé. À mi-chemin, les secouristes préfèrent couper droit dans la pente plutôt que de suivre le sentier. Gisèle nous suit et a eu la bonne idée d’utiliser la GoPro encore fixée à mon sac à dos qu’elle avait enfilé. À plusieurs reprises, les secouristes doivent poser la civière pour se reposer et changer de position. Ce sont tous des volontaires — certains de l’association d’aide aux personnes en Norvège, d’autres de la Croix-Rouge. Ils sont compétents, efficaces, et la descente se fait dans la bonne humeur malgré la difficulté du terrain. Je ne comprends pas ce qu’ils disent mais j’entends souvent leur rire. Ils me demandent aussi fréquemment comment je vais. Je leur réponds que c’est plus facile pour moi que pour eux. Hier soir, ils m’ont aussi envoyé des photos qu’ils ont prises en prenant soin de ne pas exposer mon visage.

Nous retournons dans le van et reprenons la route. Pendant notre randonnée, les ouvriers ont commencé à détruire la route sur laquelle nous étions montés — nous sommes les derniers à pouvoir passer. Je sais par expérience que ce n’est pas d’un médecin dont j’ai besoin, mais d’une paire de béquilles. Nous mettons le cap vers l’ouest, là où se trouvent de plus grosses agglomérations. Notre van est pratique et confortable, mais il est également très physique : il faut de la force et deux genoux en bon état pour lever le toit, grimper dans la couchette du haut, déplier la banquette du bas, sans parler d’accrocher ou décrocher les vélos. Tout cela est hors de question avec un genou dans l’état du mien, et nous décidons de passer quelques nuits en hôtel. En chemin, je mets de la glace sur mon genou. Les pharmacies d’Ålgård n’avaient pas de béquilles — nous allons finir par en trouver à Sandnes. Nous traversons des zones commerciales et industrielles, la Norvège ne nous avait pas donné l’habitude de ce type de paysage !L’hôtel que nous avons trouvé à Tananger est dans un petit port un peu préservé, et nous allons y passer quelques jours de repos.

💡 Pour les curieux

  • L’anorthosite du Rogaland, la roche de la Lune : Les blocs de Gloppedalsura ne sont pas du granit ordinaire — ce sont en grande partie de l’anorthosite, une roche magmatique plutonique formée il y a environ 1,5 milliard d’années dans les profondeurs de la croûte terrestre du Rogaland. L’anorthosite est composée à plus de 90 % de plagioclase calcique (feldspath), ce qui lui donne sa teinte blanchâtre à gris clair caractéristique. Sa particularité géologique tient à sa rareté relative sur Terre — et à son abondance sur la Lune : les zones claires que l’on voit à l’œil nu sur la surface lunaire, les « hautes terres », sont composées principalement d’anorthosite. On pense que la croûte primitive de la Lune s’est formée par ce même processus de cristallisation du plagioclase en flottant à la surface d’un océan de magma, il y a 4,5 milliards d’années. La Province anorthositique du Rogaland est l’une des plus grandes concentrations de cette roche au monde et constitue le cœur du Magma UNESCO Geopark. L’odeur étrange que cette roche dégage sous la pluie provient très probablement des minéraux sulfurés (pyrite, pyrrhotite) qui lui sont associés et qui libèrent de légères émanations soufrées au contact de l’humidité. (Sources : Magma Geopark / Wikipédia — Anorthosite)
  • Les secours en montagne en Norvège : bénévoles et gratuits : L’intervention des secouristes ce jour-là illustre parfaitement le modèle norvégien de sauvetage, unique en Europe. L’ensemble du service de sauvetage norvégien repose fondamentalement sur le bénévolat. Il existe un service de sauvetage professionnel, mais il est réservé aux situations les plus complexes et insuffisant seul pour répondre à tous les besoins. Deux grandes organisations de bénévoles sont intervenues lors de cet épisode. Le Hjelpekorps de la Croix-Rouge norvégienne (Norges Røde Kors Hjelpekorps), fondé en 1932, compte aujourd’hui plus de 300 corps locaux et 6 000 membres formés au sauvetage et aux premiers secours. Le Norsk Folkehjelp (Aide populaire norvégienne), fondé en 1939 avec les syndicats de travailleurs, déploie environ 3 000 volontaires dans des équipes de recherche et de sauvetage aux quatre coins du pays. En région éloignée, les bénévoles du Norsk Folkehjelp sont souvent les premiers intervenants, voire les seuls, quand les situations ne sont pas trop complexes. Ces organisations sont coordonnées par la police, qui gère les opérations, mais l’intervention elle-même est assurée par des citoyens ordinaires — menuisiers, enseignants, informaticiens — qui ont suivi une formation de plusieurs dizaines d’heures et se tiennent prêts à être appelés à tout moment. Non seulement ils n’ont aucune compensation financière, mais les bénévoles doivent eux-mêmes financer leurs équipements individuels de sauvetage, qui avoisinent les 2 000 €, ainsi que leurs formations régulières. Le sauvetage en montagne est entièrement gratuit pour les victimes en Norvège — contrairement à certains cantons suisses, aux États-Unis ou à l’Autriche, où une intervention peut entraîner une facture de plusieurs milliers d’euros. La comparaison avec la Protection Civile française est instructive : la Sécurité Civile française dispose de moyens professionnels importants (Canadairs, hélicoptères, unités d’instruction), mais l’intervention en montagne est surtout assurée par les CRS Montagne, les PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) et les CRS Alpes — tous des professionnels, salariés de l’État. Le modèle norvégien, lui, fait confiance aux citoyens volontaires pour assurer l’essentiel des interventions, y compris les plus périlleuses. (Sources : Espaces.ca / Wikipédia — Hjelpekorps)
  • L’arthrose du genou : L’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage articulaire — ce tissu lisse qui recouvre les extrémités des os dans une articulation et permet leur glissement sans frottement. Avec l’âge, les microtraumatismes répétés ou une prédisposition génétique, ce cartilage s’use progressivement jusqu’à laisser les surfaces osseuses en contact direct. L’arthrose du genou (gonarthrose) est la forme la plus fréquente. Les crises aiguës — comme celle décrite ici — surviennent lorsqu’un effort intense ou un mouvement particulier provoque une inflammation soudaine de la membrane synoviale (la paroi de l’articulation), qui gonfle, produit un excès de liquide articulaire et génère une douleur parfois invalidante en quelques secondes. Ce type de crise peut être déclenché par la descente en pente raide, qui soumet le genou à des forces de compression 3 à 4 fois supérieures au poids du corps. La bonne nouvelle, comme l’expérience le confirme, est que ces crises sont généralement résolutives en quelques jours de repos — l’articulation peut retrouver un fonctionnement quasi normal sans traitement médical, même si la cause structurelle (l’usure du cartilage) reste irréversible. Les béquilles, en déchargeant l’articulation, sont effectivement le seul traitement immédiatement utile. (Sources : Ameli.fr / Wikipédia)
  • Les toits végétalisés norvégiens (torvtak) : Les toits couverts de terre et de végétation qui donnent aux maisons norvégiennes leurs allures de demeures de hobbits sont appelés torvtak — littéralement « toit de tourbe ». Cette technique ancestrale, documentée dans les pays nordiques depuis plus de 1 000 ans, consiste à poser sur une charpente en bois plusieurs couches successives : planches d’étanchéité, couche de bouleau, puis une épaisse couche de tourbe (10 à 30 cm) dans laquelle herbes, mousses et fleurs sauvages s’installent naturellement. Le résultat est une isolation thermique et phonique remarquable — la masse du toit stabilise les températures intérieures en hiver comme en été — et un ancrage visuel des constructions dans leur environnement naturel. Abandonnés au profit des tuiles industrielles au XXe siècle, les torvtak connaissent un vif regain d’intérêt depuis les années 1990 pour leurs qualités écologiques (biodiversité, rétention d’eau, réduction des îlots de chaleur). En Norvège, ils sont aujourd’hui sur de nombreux bâtiments neufs, des musées, des chalets de montagne et même des stations de métro — Oslo Lufthavn (l’aéroport d’Oslo) en est recouvert. (Sources : Wikipédia)

Note : Ce texte a été partiellement généré par IA à partir des données partagées et de recherches documentaires.

Nous avons entendu et identifié les oiseaux suivants avec l’application whoBIRD :

  • Pipit farlouse
    Pipit farlouse
    Anthus pratensis
Track 1

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