🗺️ Le Topoguide
Les données GPS du 11 août 2026 retracent l’étape en van de Midsund (Otrøya) jusqu’à Bergsøya, via le ferry de retour sur le continent, Bud, la route de l’Atlantique, Kristiansund et Bergsøya.
- Distance totale : 200,6 km
- Durée totale : 10h31 (de 8h27 à 18h59, heure locale)
- Temps en déplacement : 8h01
- Temps à l’arrêt : 2h29 (Bud, Askevågen, Kråkholmen, déjeuner, aires de repos, Kristiansund)
- Vitesse moyenne (en déplacement) : 25,0 km/h
- Altitude minimale : 10 m — maximale : 147 m
Résumé technique : Étape côtière presque entièrement plate — 147 m d’altitude maximale pour 200 km, un contraste saisissant avec les journées précédentes. Les 2h29 d’arrêts reflètent la densité des points d’intérêt de la route de l’Atlantique et la visite de Kristiansund.
✍️ Le Carnet de voyage
Une étape en van entre Midsund et la petite île de Bergsøya, en passant par la route de l’Atlantique — une route touristique mythique en Norvège. Ce matin, nous avons quitté la maison où nous avons dormi trois nuits sur la petite île d’Otrøya, pour poursuivre notre progression vers le nord. Le temps est gris, pluvieux et très venté, avec quelques éclaircies qui font courir des effets de lumière sur la mer sombre. Nous avons pris le ferry pour revenir sur le continent. Depuis le pont, le fjord est agité et les embruns se lèvent sur les rochers. On considère généralement que la route de l’Atlantique commence à Bud, et nous avons cherché à suivre la côte au maximum pour rejoindre ce petit village. En Norvège, on n’attend pas l’hiver pour faire du ski — ce n’est pas la première fois que nous croisons des skieurs à roulettes.
Nous atteignons ce petit port à l’entrée de Bud en milieu de matinée. Il ne fait pas très froid mais le vent est fort et nous sommes chaudement habillés. C’est l’heure de notre café de milieu de matinée — la mer est visible et agitée au-delà du quai, la pluie tambourine sur le toit du van. Nous faisons le tour du village. Et nous partons sur la très célèbre route de l’Atlantique. Cette côte porte le nom de Hustadvika — il y a beaucoup de récifs, des courants violents, des eaux peu profondes et pas d’abri. C’est une des côtes les plus dangereuses de Norvège, leur côte de la mort en quelque sorte. La route de l’Atlantique permet de la longer par la terre, en évitant donc les dangers du cabotage.
Cette baie s’appelle Askevågen, c’est-à-dire la baie des cendres. Son nom vient des algues qu’on y brûlait pour en extraire d’abord la soude, puis ensuite l’iode. Nous faisons un nouvel arrêt dans ce petit port qui est maintenant un hôtel. Nous nous arrêtons ensuite dans le petit port de Kråkholmen, presque caché derrière un promontoire. C’est l’heure du déjeuner et nous mangeons à l’abri dans le van, tandis que les rafales secouent la carrosserie et que la mer grise déferle sur les récifs alentour. Nous nous arrêtons à nouveau dans une aire de repos avant d’attaquer la dernière partie de la route de l’Atlantique. Nous trouvons des linaigrettes — nous avons plutôt l’habitude de les voir en haute montagne, au pied du Vignemale par exemple. Le sol détrempé entre les îlots leur convient tout autant. Voici le pont incurvé qui est une des prouesses techniques de la route : il est beaucoup plus impressionnant de loin que quand on passe dessus. Une nouvelle aire de repos, plus aménagée, plus fréquentée, permet de faire quelques pas et de le contempler. À partir de ce pont, la route passe sur un chapelet de petites îles. Elle se termine à Kårvåg et nous poursuivons notre route jusqu’à Kristiansund.
À Kristiansund, nous garons le van et nous partons faire quelques pas dans la ville. Nous explorons d’abord brièvement le centre-ville. Nous traversons des quartiers agréables aux maisons colorées, mais la ville nous semble quasiment déserte. Kristiansund est construit sur plusieurs îles. Un bac intérieur permet d’aller gratuitement d’une île à l’autre. Nous l’empruntons pour aller jusqu’à Innlandet. C’est sur cette petite île qu’on trouve les quartiers les plus anciens. Ce quartier est un ancien quartier de pêcheurs. Notre promenade terminée, nous reprenons le bac. Au retour, il fait escale à Nordlandet. Nous repartons de Kristiansund en fin d’après-midi et nous cherchons un spot pour la nuit. Nous prenons la direction de Trondheim. Nous visitons deux spots et nous finissons par nous arrêter sur ce petit parking qui a vue sur un port — lui aussi.
💡 Pour les curieux
- La route de l’Atlantique (Atlanterhavsveien) : La route de l’Atlantique est une section de la route nationale 64 (Rv 64), d’une longueur totale de 8 274 mètres. Les travaux de construction ont débuté en 1983 et l’inauguration a eu lieu le 7 juillet 1989. Inaugurée après 6 ans de travaux interrompus 12 fois par des tempêtes, elle a été élue « construction norvégienne du siècle » en 2005. Son point fort : le Storseisundet Bridge, pont courbe de 260 m donnant l’illusion visuelle qu’il monte directement dans le ciel. Elle a également été élue plus belle route automobile du monde par le Guardian en 2007. La route est construite sur plusieurs petites îles et récifs, reliés par huit ponts, chaussées et viaducs, et offre une vue rare sur la mer ouverte depuis une route côtière norvégienne. Elle est actuellement la deuxième route la plus visitée de Norvège après Trollstigen. Contrairement à Trollstigen, elle reste ouverte toute l’année — et ses tempêtes automnales, avec des vagues de 5 à 8 mètres déferlant sur la chaussée, sont devenues un spectacle touristique à part entière. Initialement envisagée comme une voie ferrée, le projet a évolué et il a fallu six longues années de construction, durant lesquelles les équipes ont affronté des tempêtes violentes, des vents implacables et des vagues déferlantes. (Sources : Wikipédia / Itinego)
- La Hustadvika, la côte de la mort : La baie de Hustadvika, que la route longe et traverse, est l’une des plus agitées de la côte norvégienne. Cette portion de côte entre Bud et Kristiansund, longue d’une quarantaine de kilomètres, doit sa réputation funeste à une combinaison de facteurs : des eaux très peu profondes (à peine 20 à 40 mètres), un semis de récifs et d’écueils affleurants, des courants erratiques et l’absence totale d’abri naturel face aux vents et houles de l’Atlantique Nord. Des centaines de naufrages y sont répertoriés depuis le Moyen Âge. Avant la construction de la route, les bateaux qui tentaient de longer cette côte en hiver risquaient leur vie à chaque passage. Bud, à l’entrée de la Hustadvika, était historiquement le point de départ des grandes flottes de pêche vers les Lofoten — des hommes partaient de ce port en sachant que le retour n’était pas garanti. La route de l’Atlantique, en permettant de traverser cette zone par la terre, a transformé en promenade touristique ce qui était l’un des passages maritimes les plus redoutés de Norvège.
- Brûler des algues pour en extraire l’iode : l’histoire d’Askevågen : Le nom d’Askevågen — « la crique des cendres » — encode toute une industrie côtière disparue. Dès le XVIIIe siècle, on récoltait les grandes algues brunes (*laminaires*, *ascophylles*) qui s’échouaient ou poussaient sur les rochers de cette côte, et on les brûlait dans des fours à varec pour en extraire la cendre. Celle-ci était d’abord riche en carbonate de soude (*soude végétale*), indispensable à la fabrication du verre, du savon et des textiles, avant que la soude synthétique (procédé Leblanc, 1791) ne rende cette source obsolète. Mais en 1811, le chimiste Bernard Courtois découvrit dans ces cendres d’algues une nouvelle substance : il observa des vapeurs violettes se dégager lors du traitement à l’acide sulfurique — c’était l’iode, aussitôt reconnu comme essentiel en médecine et en photographie. Les côtes norvégiennes, avec leurs immenses stocks d’algues brunes, devinrent alors des productrices d’iode pendant une bonne partie du XIXe siècle. Askevågen était l’un de ces sites de combustion — son nom en témoigne encore aujourd’hui.
- Kristiansund et le Sundbåten : Fondé en 1876, le Sundbåten de Kristiansund est le plus ancien système de transport public au monde à être toujours en service. Depuis 1876, ce petit ferry a transporté plus de 130 millions de passagers entre les îles de la ville. En novembre 1876, une compagnie lança ses premiers bateaux, que les habitants appelèrent rapidement les « Sundbåter » — les bateaux du détroit. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que Kristiansund était lourdement bombardée, le Sundbåten transporta 2,6 millions de passagers en 1943-44, un record qui tient encore aujourd’hui. Les habitants de Kristiansund ont choisi d’en faire un monument du patrimoine culturel en 1997. Depuis septembre 2019, le service est entièrement gratuit. La ville elle-même mérite une note : détruite à 80 % lors des bombardements allemands d’avril 1940, elle a été reconstruite dans un style caractéristique, déclinant ses maisons en rouge, jaune et vert — d’où son surnom de « ville polychrome ». Son économie historique repose sur la *klippfisk* (morue séchée et salée), exportée vers la Méditerranée, le Maghreb et les Caraïbes, d’où les noms exotiques de ses quartiers : Tahiti sur Innlandet, Maroc sur Nordlandet. (Sources : Sundbåten.no / Life in Norway)
- Les linaigrettes, coton des tourbières : Le nom latin Eriophorum signifie « porteur de laine ». La plante produit des fibres cotonneuses qui aident à la dispersion des graines par le vent, mais ont aussi servi autrefois au rembourrage de coussins et de vêtements dans les régions nordiques. En Finlande et en Écosse, la linaigrette est parfois appelée « coton du pauvre ». Sa présence est un indicateur écologique précieux : elle signale un sol acide, pauvre en nutriments, mais très humide. C’est un marqueur de milieux naturels peu perturbés. On les associe généralement aux tourbières d’altitude — et c’est effectivement là qu’on les croise le plus souvent en randonnée. Mais leur aire de répartition descend jusqu’au niveau de la mer partout où le sol est suffisamment acide et gorgé d’eau, comme entre les îlots de la route de l’Atlantique. Leurs pompons blancs qui s’agitent dans le vent de la Hustadvika, à quelques mètres des vagues, offrent un de ces contrastes dont la Norvège a le secret : une plante des hauts plateaux glaciaires qui se retrouve ici au ras de l’océan. (Sources : Wikipédia / Les Chroniques du végétal)
Note : Ce texte a été partiellement généré par IA à partir des données partagées et de recherches documentaires.






























































































































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