🗺️ Le Topoguide
Les données GPS du 22 août 2026 couvrent l’intégralité de la journée en van, de Juoksengi, en Suède, jusqu’à Oulu, en Finlande — avec un crochet vers le nord en début de journée avant la bascule définitive vers le sud.
- Distance : 335,1 km
- Durée totale : 10h15 (de 8h19 à 18h34, heure locale)
- Temps en déplacement : 6h24 | Temps à l’arrêt : 3h51
- Vitesse moyenne (en déplacement) : 52,4 km/h
- Altitude minimale : 18 m — maximale : 143 m — D+ : 455 m
✍️ Le Carnet de voyage
Ce matin, nous approchons des 7700 km depuis notre départ. Avant de commencer notre descente vers le sud, nous décidons de faire un dernier petit crochet vers le nord : nous repassons devant le monument du cercle arctique. J’avais repéré un petit sommet, le Pullinki, qui a une belle histoire et qui semblait facile à gravir. Nous faisons un détour pour y accéder, mais le chemin qui mène au parking se révèle difficilement praticable avec notre van bien chargé — nous renonçons donc au Pullinki et faisons demi-tour.
De retour sur la grande route, un camion venant en sens inverse nous fait des appels de phare. Nous ne tardons pas à comprendre pourquoi : il voulait nous prévenir de la présence de rennes. Nous faisons demi-tour pour essayer de le revoir, et c’est un deuxième renne que nous voyons maintenant.
La couleur des feuilles des arbres commence à annoncer l’automne. Nous poursuivons vers le nord jusqu’à trouver un pont pour traverser le fleuve frontière. Il ne reste plus qu’à traverser le fleuve, le Tornionjoki, et nous voici en Finlande. Et c’est à partir de Pello que nous commençons à redescendre vers le sud en suivant le fleuve côté finlandais. Gisèle a repéré un magasin de produits locaux et nous nous y arrêtons. Nous repassons le cercle arctique côté finlandais.
Ce fleuve est un des plus longs fleuves librement courants d’Europe. Certaines sections sont larges et calmes, formant parfois des lacs ; certaines sont beaucoup plus agitées, avec de nombreux rapides. Nous garons notre van devant les plus célèbres de ces rapides : l’endroit est réputé pour sa pêche traditionnelle du corégone avec des filets. Un petit restaurant permet de goûter ces poissons grillés de manière traditionnelle. Nous prenons plaisir à nous attarder dans ce cadre si bien préservé, et accompagnons notre café d’une pâtisserie du restaurant. Ces rapides sont impressionnants, pourtant le dénivelé n’est que de 13 m sur 3500 m.
Après Tornio, à l’embouchure du fleuve, nous commençons par prendre l’autoroute, puis la quittons pour aller voir la côte : nous arrivons au petit port de Karsikon kalasatama. Les épilobes qui coloraient les paysages que nous avons vus en Norvège forment maintenant ce joli duvet. Il y a aussi beaucoup d’argousier.
Nous faisons un deuxième détour pour aller voir l’église de Simon kirkko, encore une église à clocher séparé. Elle est fermée, nous ne pouvons pas la visiter ; mais les pancartes illustrent très bien la montée de l’eau dans la région, avec sur les photos du bas l’évolution depuis 1500. À côté du cimetière, nous suivons un chemin qui va vers un lintutorni, sans savoir ce que c’est : un lintutorni, c’est une tour d’observation des oiseaux. Celle-ci nous donne une vue à 360°.
Il y a une heure de décalage horaire entre la Finlande et la Suède. Il commence à être tard et nous poursuivons sur l’autoroute. Oulu est une ville très animée, et ce samedi soir, le premier parking que nous avons repéré est complet. Un peu plus loin de la ville, nous en trouvons un qui est beaucoup plus calme. Au cours de cette journée bien remplie, Gisèle a également trouvé une sculpture en bois au petit restaurant des rapides, et un cèpe pour agrémenter nos œufs brouillés.
💡 Pour les curieux
- Pullinki, une montagne mesurée pour connaître la forme de la Terre : Le Pullinki est une montagne de 335 mètres, dans la commune d’Övertorneå, dont le sommet a été utilisé à trois reprises pour des mesures géodésiques : par l’expédition française de 1736-37 dirigée par Pierre de Maupertuis, par l’expédition de l’Académie royale des sciences de Suède en 1801-1803 sous la direction de Jöns Svanberg, puis par l’arc géodésique de Struve au XIXe siècle. Ce dernier, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est une chaîne de triangulation de 2 820 km reliant la Norvège à la mer Noire, utilisée pour déterminer précisément la forme et la taille de la Terre. L’expédition de Maupertuis fut la première à démontrer que la Terre est aplatie aux pôles plutôt que parfaitement sphérique — une remise en cause majeure des Lumières. Un monument pyramidal fut érigé en 1985 sur le sommet en mémoire de ces mesures. De quoi regretter, après coup, d’avoir dû renoncer à l’ascension. (Sources : Wikipédia / Länsstyrelsen Norrbotten)
- Le Tornionjoki, un fleuve resté sauvage : Avec ses 510 km, le Torne älv/Tornionjoki est considéré comme le plus long fleuve librement courant et non aménagé d’Europe. Aucun barrage n’interrompt son cours depuis les montagnes jusqu’au golfe de Botnie. La frontière entre Suède et Finlande suit le chenal profond du fleuve depuis le traité de paix de 1809 ; ce chenal est vérifié et, le cas échéant, réajusté tous les 25 ans, la dernière fois en 2006. Le fleuve se jette dans le golfe de Botnie entre Tornio et Haparanda. Une bonne partie de ses rives montre les mêmes traces de relèvement isostatique observées ailleurs dans la région, comme en témoignent les pancartes de Simon kirkko sur la montée de l’eau depuis 1500. (Source : Wikipédia)
- Kukkolaforsen, une technique de pêche unique au monde (avec l’Amazone) : Kukkolaforsen est un rapide du Tornionjoki, à la frontière entre Suède et Finlande, long de 3,5 km pour une chute d’environ 14 mètres, formé par le relèvement isostatique entre le début de notre ère et l’an 1000. La pêche s’y pratique depuis le XVIe siècle avec une épuisette à long manche — une technique si particulière que, selon l’office de tourisme local, elle n’est utilisée nulle part ailleurs au monde, sauf sur le fleuve Amazone au Brésil. Les pêcheurs opèrent depuis des pontons de bois appelés « pator », construits sur pilotis dans le courant. Le fait de griller le corégone fraîchement pêché à la broche sur feu ouvert, pour une consommation immédiate, est une tradition spécifique à Kukkolaforsen/Kukkolankoski, des deux côtés de la frontière. La pêche traditionnelle du Tornionjoki figure d’ailleurs à l’inventaire finlandais du patrimoine culturel immatériel. (Sources : Wikipédia / Kukkolaforsen Turism / Elävän perinnön wikiluettelo)
- Le corégone, poisson-roi du Tornionjoki : Le saumon fut longtemps le poisson le plus recherché du fleuve, jusque dans les années 1950 ; depuis, sa raréfaction a fait du corégone (sik) l’espèce principalement pêchée à la traditionnelle épuisette. La fête du corégone (sikfesten) a lieu chaque année le week-end suivant la Saint-Jacques, fin juillet, au moment précis où le corégone remonte le fleuve depuis la mer pour frayer — un rendez-vous si régulier qu’il est célébré depuis le Moyen Âge. Au-delà de la consommation immédiate à la broche, le salage du corégone a longtemps permis sa conservation toute l’année et son commerce, une tradition culinaire encore vivante aujourd’hui. (Sources : Wikipédia / Elävän perinnön wikiluettelo)
- Karsikon kalasatama, un village de pêcheurs presque effacé : Karsikko est une presqu’île avancée dans le golfe de Botnie, à la limite des communes de Simo et Kemi ; le port de pêche de Karsikon kalasatama se trouve à sa pointe sud. L’ancien village de pêcheurs de Karsikko est un site culturel-historique d’importance nationale, bien que la plupart de ses bâtiments aient aujourd’hui disparu. Fait cocasse et un peu vertigineux au vu du charme discret du lieu : la presqu’île de Karsikko fut un temps envisagée par l’énergéticien Fennovoima comme site d’implantation possible pour une centrale nucléaire. Le projet ne s’est pas concrétisé ici. (Source : Wikipédia)
- Simon kirkko, une église témoin de la montée des terres : L’église de Simo, dans le style tardif de l’époque Empire, se dresse à Simoniemi et date de 1846. Les pancartes du cimetière évoquant l’évolution du niveau des eaux depuis 1500 rappellent que toute la côte du golfe de Botnie, y compris ce village fondé sur la pêche au saumon dès le XVe siècle, doit sa géographie actuelle au relèvement isostatique continu de la région — le même phénomène observé de Holmön à Bjuröklubb tout au long de ce voyage. (Source : Turisti-info.fi)
Note : Ce texte a été partiellement généré par IA à partir des données partagées et de recherches documentaires.




































































































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